La “philosophie” Toutoundji
Stéphane Toutoundji a une vision bien particulière de son métier. Pour lui, un oenologue doit produire des vins modernes, adaptés au marché, tout en respectant les terroirs, les millésimes et les propriétés.
Aujourd‘hui le marché du vin est structuré et la philosophie de Stéphane Toutoundji c‘est de réaliser des vins "tendance", équilibrés, frais et aromatiques, qui répondent à la demande et qui se vendront donc bien.
L‘objectif de l‘oenologue, c‘est qu‘après quelques années de travail sur la vigne et le vin, son client puisse voir ses ventes augmenter.
Il déplore que certains de ses contemporains ne réalisent du vin que pour le prestige des récompenses, dans l‘espoir de s‘attirer les bonnes grâces des critiques.
Stéphane Toutoundji a pris le parti d‘allier qualité et rentabilité, loin des artifices et au plus près des viticulteurs.
Comment analyse-t-il la filière du vin actuellement ?
Stéphane Toutoundji estime que les perspectives sont plutôt positives aujourd‘hui. La filière s‘est professionnalisée et assainie grâce à l‘arrachage et à la concentration des propriétés, et le millésime 2007 est très prometteur. La demande est de plus en plus forte, notamment sur des marchés nouveaux comme l‘Inde, la Chine ou les Etats-Unis qui deviennent un partenaire véritablement privilégié.
L‘œnologue ne perçoit pas la concurrence des vins du Nouveau Monde comme un danger, puisque ces vins répondent à la demande des nouveaux consommateurs. En revanche les vins français d‘assemblage ou d‘élevage, plus complexes, s‘imposent naturellement dès que les consommateurs gagnent en expérience. Les deux marchés peuvent donc coexister en toute tranquillité, car ils répondent tous deux à une demande différente.
Pour Stéphane Toutoundji, les grands enjeux de demain seront d‘adapter l‘offre à la demande et de cibler ces nouveaux consommateurs étrangers, en demande de vins plus complexes. Parallèlement, l‘enjeu majeur va également être de produire des vins de qualité à des prix raisonnables et accessibles.


